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NARBONNE, FILLE DE ROME...
Hôtel de ville de Narbonne
Il n’est pas possible de terminer la visite de ce coin du département de l’Aude sans évoquer la capitale de la Septimanie, Narbonne et son riche passé. Narbonne est communément appelée la “fille de Rome” car c’est sur ce site qu’en 118 avant Jésus-Christ, le Sénat de Rome installe sur le site de Narbo, sa première colonie hors d’Italie. Ce sera Narbo Martius, première cité romaine dans les Gaules, capitale de la Provincia Narbonensis. En 45 avant JC, César y implante les vétérans de sa Xe Légion. La ville dont les Romains ont fait un des plus grands ports méditerranéens connaît sa période de magnificence.
Au IVe et Ve siècle, les invasions barbares la frappent cruellement. Elle reste finalement aux mains des Wisigoths, un temps résidence de leurs rois puis, pendant deux siècles, capitale de leur province de Septimanie. Elle fut ensuite sous le joug des Arabes au début du VIIIe siècle avant d’être libérée par Pépin le Bref et ses Francs en 759. La période médiévale voit la Cité partagée entre les deux pouvoirs féodaux de l’Archevêque et du Vicomte. La prospérité commerciale retrouvée par l’activité du port amène au XIIe siècle l’émergence d’un troisième pouvoir, celui de la bourgeoisie marchande et de ses consuls. Dès la fin du XIVe siècle, avec l’ensablement du port, les conséquences de la Guerre de Cent ans et des grandes épidémies, Narbonne entame une longue phase de décadence. Elle apparaît jusqu’au traité des Pyrénées comme une place militaire à proximité de la frontière espagnole et surtout elle demeure jusqu’à la Révolution, une ville ecclésiastique, siège de l’archevêque primat, président-né des Etats Généraux du Languedoc, et peuplée de chapitres et de couvents.
Au milieu du XIXe siècle, la construction du chemin de fer et l’extension de la vigne redonnent à Narbonne des moyens de prospérité. Mais l’âge d’or viticole sera de courte durée. Depuis les tragiques journées de 1907 où le sang coula, la crise de la viticulture apparaît plus ou moins endémique. A l’heure actuelle, la sous-préfecture de l’Aude a su profiter de sa situation géographique. Avec la diversification des activités économiques, le considérable développement touristique, la création du Parc Naturel de la Narbonnaise destiné à protéger l’environnement, la reconnaissance du rôle de carrefour à travers un noeud autoroutier essentiel, l’arrivée du TGV Méditerranéen, Narbonne a retrouvée toutes ses chances d’avenir et est devenue en quelques années, première ville du département pour la population, devançant Carcassonne, la Préfecture.
Aussi surprenant que cela puisse paraître, Narbonne est une ville sans vestige romain contrairement à ses voisines de Béziers ou Nîmes. L’Horreum (du latin grenier) est le seul édifice d’époque romaine subsistant avec depuis quelques mois, un tronçon de la fameuse voie domitienne, première grande route romaine reliant le Rhône aux Pyrénées qui émerge des profondeurs de la place de l’Hôtel de Ville.
La Cathédrale Saint-Just et le Palais des Archevêques (devenu aujourd’hui l’Hôtel de Ville) forment un ensemble architectural exceptionnel, sans doute unique en Europe et sont de nos jours, les monuments les plus visités.
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